voici le resumé de cette tres belle rencontre
Le LOSC a obtenu très savoureuse une victoire face à Bordeaux dimanche soir (2-0). Si Cabaye (70') et Balmont (87') ont fait bouger le tableau d'affichage, c'est la qualité de l'équipe nordiste dans son ensemble qui a permis de faire tomber le leader. Un succès de choix !
Comme représentant du sud-ouest, Bordeaux, c'est l'emblème parfait du moment. Inutile d'exposer l'état de forme actuel des Girondins, il coule de source. Ce vent venu de l'atlantique vient donc se poser dans le Nord. En ce dimanche de novembre, espérons bien sûr pour les Dogues qu'il ne se transforme en tempête... Afin de contrecarrer cette hypothèse, Rudi Garcia aligne la plus fraîche des équipes possible : Debuchy, Mavuba, Hazard, Cabaye, Gervinho et Frau font par exemple leur entrée dès l'entame. Côté bordelais, la formation du "Président" Laurent Blanc a de l'allure, seul Wendel forfait de dernière minute manquant à l'appel. Le Stadium Lille Métropole, plein comme un ½uf, n'attend plus que le spectacle et la fête... ça fleure bon le grand match !
Bataille physique, puis tactique
Deux écuries en course à l'Europe qui s'affrontent, évidemment, ça promet un sacré duel. Pour autant, la mise en jambes semble forcément douloureuse : on sent que toute l'énergie dépensée à Munich par les uns, à Gênes par les autres, durcit les mollets. Ce sont tout de même les Dogues qui se montrent les premiers actifs, deux fois par le même acteur : sur une passe en profondeur de Mavuba, Gervinho sprinte mais arrive un poil trop court devant la sortie de Carrasso (7'). Le buteur ivoirien récupère ensuite une passe mal ajustée de Chalmé en retrait et dévisse son shoot en conclusion (8'). En réaction bordelaise, Fernando propose un tir trop enlevé (13'). Dans la continuité, vigilance accrue par rapport à un Gourcuff toujours dangereux : il parvient à faire chauffer les gants de Landreau (17'). Après vingt minutes, la bataille physique animée devient plus tactique, plus subtile. A ce jeu là, les Munichois ont fait les frais de l'intelligence bordelaise mardi soir, attention donc...
Domination du LOSC dans le jeu, Bordeaux dangereux en contre
Pourtant, c'est le moment que choisit l'un des milieux lillois pour sortir de sa boîte : d'un tir puissant cadré, Cabaye oblige d'abord Carrasso à s'employer sur une belle horizontale (22'). Puis le n°7 réalise un une-deux géant avec Gervinho. Sa tentative de reprise dans la surface est stoppée in extremis par Chalmé (26'). Derrière, c'est Frau, tout en glissade qui tente d'inquiéter le portier sudiste, sans succès (28'). De l'autre côté, les contres qui explosent sont d'une rapidité extrême : Landreau, concentré, gicle avec brio dans les pieds de Chamakh, suite à une longue ouverture de Gourcuff (30'). Les Dogues se rebiffent : le coup franc de Cabaye est contré du bout du pied par Diarra. Sur le corner qui suit, Rami appuie trop sa tête (36'). Jusqu'à la pause, les Lillois font bonne figure et dominent même les dernières minutes. Si rien n'est marqué, le jeu plaisant déployé devrait permettre au score de bouger.
Des occasions lilloises à la pelle, l'efficacité se fait la belle... sauf pour Cabaye !
On peut le dire, la deuxième période démarre sur des bases similaires : le LOSC tient le ballon, anime la rencontre et Bordeaux patiente, tapis dans l'ombre. La preuve sur ce corner à la rémoise intelligemment effectué par Hazard pour Cabaye dans la surface : le tir trop faible à ras de terre du tourquennois ne fait pas mouche (50'). Puis c'est sans doute la meilleure action jusqu'alors : Hazard récupère le cuir et envoie Frau sur orbite. En fin de course, l'attaquant lillois déporte légèrement sa frappe qui échoue dans le petit filet (57'). Pire, on retrouve une situation quasi identique quand Gervinho part seul face à Carrasso : sa pichenette inspirée termine au même endroit que celle de Frau... (59') Quand ça ne veut pas rentrer ! L'Ivoirien ne se décourage pas et perce le flanc gauche : Frau ne peut reprendre sa passe en retrait (64'). Avec un tel travail de Gervinho, ça ne demande que récompense. Elle intervient après un festival de dribbles de ce dernier, qui perce à droite et remet de nouveau en retrait pour Frau : Carrasso repousse le shoot du montbéliardais dans les pieds de Cabaye qui met la gomme au fond des filets ! (1-0, 70') A cet instant, les Nordistes débloquent le compteur et c'est franchement mérité.
Balmont sale l'addition
Le plus dur pour les Dogues est fait. Seulement, face au leader de la Ligue 1, on attend légitimement une riposte impressionnante. Ça va pousser dans le money time et c'est logique. D'ailleurs, Balmont sauve la patrie sur sa ligne après un corner et du cafouillage (81'). S'en suit un centre au deuxième poteau de Tremoulinas repris de volée par Gourcuff, à côté (84'). C'est chaud mais ça tient bon ! Si bien que l'ultime contre lillois met l'ogre bordelais à terre : Touré se bat sur le côté gauche et se fait faucher dans la surface par Ciani. M. Piccirillo n'hésite pas et indique le point de penalty. Balmont prend ses responsabilités et envoie le LOSC dans les étoiles ! (2-0, 87') Les champions de France en titre ont cette fois définitivement perdu pied, les Dogues peuvent exulter et le Stadium s'embraser, c'est terminé.
En s'imposant logiquement et nettement face aux Girondins de Bordeaux, les Dogues gagnent une place au classement. Une embellie à confirmer après la trêve internationale a Montpellier
LES REACTIONS
Victorieux – avec la manière – des champions de France en titre bordelais, les Dogues affichaient un large sourire à l'issue de ce LOSC-Girondins de Bordeaux (2-0). A la sortie du vestiaire comme en zone mixte devant les journalistes, LOSC.fr était à l'affût des réactions à chaud des acteurs de la rencontre. Extraits.
Rudi Garcia (Entraîneur du LOSC)
« Ce soir, ce succès, c'est la récompense du travail des joueurs depuis la début de saison. Nous avons réalisé un match référence puisque battre le leader de cette manière là, ça reste très significatif pour moi. Ça remet certaines choses en place concernant notre stratégie de la semaine aussi : nous avons été performants tactiquement, techniquement, mais aussi physiquement. J'insiste sur le dernier point car huit de mes joueurs alignés ce soir n'ont pas démarré à Gênes et disposaient d'une fraîcheur physique suffisante pour vaincre Bordeaux. Tout le monde a apporté sa pierre à l'édifice et même si je n'ai pas l'habitude de mettre des joueurs en avant, j'ai trouvé un Adil Rami de niveau international, un Gervinho qui a su débloquer la situation ou encore un Florent Balmont égal à lui-même. Pour autant, tout le monde a su tirer les leçons de jeudi. Nous avons désormais quinze jours pour récupérer et ce ne sera pas de trop car neuf matchs vont se succéder en un mois de temps. »
Laurent Blanc (Entraîneur du FC Girondins de Bordeaux)
« Difficile d'expliquer ce qui s'est passé ce soir : pourquoi mon équipe était absente ? Je n'ai pas l'explication. Je peux juste confirmer que le LOSC est bien la bête noire de Bordeaux car nous n'arrivons décidément pas à battre cette équipe là, depuis deux ans et demi, hormis en coupe de France. Le jeu des Lillois ne doit pas nous convenir. Nous avions pourtant mis un dispositif en place, mais l'équipe de Lille a certainement bien étudié notre jeu pour nous contrer. On savait très bien ce qui nous attendait, mais je n'ai pas dû le dire dans la bonne langue... L'équipe qui avait le plus envie a gagné, il n'y a rien d'autre à ajouter, si ce n'est que nous devions davantage jouer sur les côtés et que nous sommes tombés dans l'entonnoir alors que nous connaissions la force des Nordistes dans l'axe du milieu de terrain. »
Rio Mavuba (capitaine du LOSC)
« Un match référence ? C'est possible. C'est en tout cas l'un des plus complets cette saison face à un adversaire de qualité, le champion en titre. Sur le terrain, nous avons répondu présent de la première à la dernière minute en restant solides dans les moments difficiles, en faisant le dos rond. Globalement, on peut dire que nous avons plutôt bien géré les débats, même si les Girondins ont eu la maîtrise du ballon en première période. Nous savions qu'ils n'aiment pas être harcelés par l'adversaire. C'est donc ce que nous nous sommes attelés à faire, pressant systématiquement le porteur du ballon. Et avec succès, puisque nous nous sommes procurés les plus franches occasions. Malgré deux belles situations manquées en début de seconde mi-temps, nous avons eu le mérite de ne pas baisser les bras et de poursuivre nos efforts offensifs jusqu'à ce que cela paye. Cette concentration s'est traduite par ce but opportuniste de Yohan (Cabaye). En fin de mach, on sait que le banc de touche fait souvent la différence. Ce fut encore le cas ce soir, puisque Larsen (Touré) est bien entré et a provoqué un penalty que Flo (Balmont) a transformé avec sang-froid. Pour moi, cette victoire tend à prouver que si nous restons concentrés et vigilants, nous pouvons réaliser de belles choses cette saison. »
« Cette victoire n'est pas un exploit, elle est méritée ! »
Aurélien Chedjou
Pierre-Alain Frau (attaquant du LOSC)
« Parvenir à l'emporter face au champion en titre reste évidemment une performance notable. Tactiquement, nous avons su les éteindre en jouant bien le coup. Car sur le terrain, les deux équipes étaient plutôt proches l'une de l'autre. Après un premier et long round d'observation nous avons eu du mal à nous créer des occasions. En seconde période, nous avons pris l'ascendant et été logiquement récompensés par ces deux buts importants. A la pause, le coach nous a affirmé que nous étions sur la bonne voie et que nous devions poursuivre nos efforts. Nous ne l'avons pas écouté, puisque nous avons été meilleurs en seconde période... (rires). Continuons dans cet état d'esprit et gardons ce match en tête pour la suite. »
Aurélien Chedjou (défenseur du LOSC)
« Cette victoire n'est pas un exploit, elle est méritée ! Nous avons livré un très gros match, ce soir. En tribune, le public a poussé derrière son équipe, et de notre côté, nous avons retrouvé nos jambes malgré la défaite de jeudi au Genoa (3-2). En face, ce n'était pas n'importe qui : Bordeaux, c'est le haut du panier. Face à ce genre de formation, il faut savoir hausser son niveau. C'est ce que nous avons su faire avec brio. Le LOSC a retrouvé son jeu fait de petites passes et de dédoublements très dynamiques. Il est clair qu'offensivement, nous aurions même pu corser l'addition, mais nous allons nous satisfaire de cette victoire et des trois points qu'elle nous offre. Désormais, le calendrier nous assure une coupure de quinze jours qui s'annonce profitable pour souffler, récupérer et enchainer. Ne nous enflammons pas, considérons simplement ce succès comme un match sur lequel nous devons nous baser à l'avenir. »
Mickaël Landreau (Gardien du LOSC)
« Au-delà du succès, c'était important de pouvoir enchaîner à domicile. Cela fait deux victoires d'affilée, avec seize points au compteur et vu que c'est serré au classement, nous avons pu recoller en nous détachant des trois derniers. Malgré notre défaite à Gênes, nous ambitionnions de faire tomber le leader. C'est vraiment énorme d'avoir pu nous imposer. En continuant à développer notre jeu avec cette mentalité, nous allons embêter d'autres équipes. Cette trêve vient tout de même à point nommé avec l'accumulation des matchs depuis le début de saison, surtout qu'il y aura une grosse série de rencontres jusqu'à Noël. C'est à ce moment qu'il ne faudra pas laisser trop de points en route. Concernant la déclaration du professeur Jaeger cette semaine, on s'attendait à ce genre de réaction. On sait très bien que cette situation (sa remise d'une rupture de ligaments croisés en trois mois, ndlr) va poser des problèmes. Comme dans tout milieu, il y a de la pression, de la concurrence. J'ai eu la chance d'avoir deux supers chirurgiens, humainement des mecs excellents. Mais comme je
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le répète, nous n'avons pas cherché à aller plus vite que la musique. Il fallait respecter le tempo, il me reste beaucoup de travail à faire et j'ai bien profité de cette bonne semaine, avec trois matchs joués d'affilée en quelques jours. »
Florent Balmont (Milieu de terrain du LOSC)
« On peut parler sans conteste de match référence à domicile. Dès le coup d'envoi, nous avons fait ce qu'il fallait jusqu'au coup de sifflet final. Même avec deux jours de repos en moins par rapport aux Bordelais, ça ne s'est pas vu. Nous nous sommes montrés costaud, sereins, sans paniquer. Ne nous arrêtons pas là, nous sommes sur la bonne voie. On peut tirer de bons enseignements de cette performance. La satisfaction, c'est également que Bordeaux ne s'est pas procuré vraiment d'occasion. Nous avons trouvé le bon équilibre attaque-défense. Deux semaines de repos arrivent, ainsi qu'un gros match à réaliser à Montpellier. A propos de mon penalty, j'étais le troisième tireur désigné mais comme Yohan (Cabaye) et Pierre-Alain (Frau) étaient sortis, je m'en suis chargé, sans me poser de question. C'est bien sûr une grosse satisfaction personnelle de marquer mon premier but avec le LOSC. »




